Il y a des moments où l'on n'a envie de parler à personne. Où les conseils des proches fatiguent, où les messages de soutien semblent creux. Et pourtant, on a besoin de comprendre ce qui nous arrive. C'est souvent là que les livres prennent le relais.
Lire pendant un deuil, ce n'est pas fuir. C'est trouver, dans les mots d'un autre, un écho à ce qu'on vit. Et parfois, une façon d'avancer.
Pourquoi lire aide
Un livre ne juge pas. On peut le prendre et le reposer quand on veut. On peut pleurer en le lisant sans que personne ne le voie. On peut relire trois fois la même page, si elle fait du bien. Il n'y a pas d'attente, pas de pression.
Lire, c'est aussi découvrir que d'autres ont vécu la même chose. Que ces pensées qu'on croyait folles, d'autres les ont eues. Que cette culpabilité, d'autres l'ont traversée. On se sent moins seul, moins anormal. C'est ce qu'on appelle parfois la bibliothérapie : le fait que la lecture puisse soutenir un processus de guérison.
Les différents types de livres
Tous les livres sur le deuil animal ne se ressemblent pas. Ils répondent à des besoins différents :
- Les guides, qui expliquent ce qu'est le deuil, ses étapes, ses particularités, et donnent des pistes concrètes.
- Les récits et témoignages, qui racontent des histoires vraies et permettent de s'identifier.
- Les livres pour enfants, qui aident les plus jeunes à comprendre la mort d'un animal.
- Les livres de réflexion plus larges sur le deuil, la perte, le lien.
Selon le moment, on peut avoir besoin de l'un ou de l'autre. Au début, un guide peut rassurer. Plus tard, des récits peuvent toucher autrement.
Quand on n'arrive pas à lire
Il est fréquent, dans les premières semaines du deuil, de ne pas réussir à lire. La concentration est fragile, les phrases ne restent pas, l'esprit part ailleurs. C'est le brouillard du deuil, qui touche beaucoup de monde.
Si c'est votre cas, ne vous forcez pas. Quelques idées :
- Lire de courts textes : un article, un chapitre court, quelques pages.
- Choisir des livres qu'on peut picorer, sans les lire dans l'ordre.
- Écouter plutôt que lire, avec des livres audio ou des podcasts.
- Revenir à la lecture plus tard, quand l'esprit sera plus disponible.
Pourquoi j'ai écrit des livres
Après la mort de Dudu, j'ai mesuré à quel point on manque de mots pour ce type de deuil. Des années plus tard, j'ai écrit Quand mon animal me manque. Un guide, organisé par thèmes : pourquoi ça fait si mal, la culpabilité, l'euthanasie, les enfants, garder un lien, aimer à nouveau. Avec, en fil rouge, mes propres expériences. J'explique ce cheminement dans l'article pourquoi j'ai écrit Quand mon animal me manque.
Puis les accompagnements se sont accumulés, et j'ai voulu raconter ces histoires. C'est devenu Les Empreintes, un recueil de récits d'accompagnement. Pas un guide, mais des histoires vraies, avec des personnes et des animaux dans lesquels on se reconnaît. J'en parle dans l'article pourquoi j'ai écrit Les Empreintes.
Guide ou récits : lequel choisir ?
On me demande parfois lequel de mes livres lire en premier. Ma réponse dépend de ce que vous cherchez.
Si vous avez besoin de comprendre ce que vous vivez, d'avoir des repères et des pistes concrètes, commencez par Quand mon animal me manque. Si vous avez surtout besoin de vous sentir moins seul, de lire des histoires d'autres personnes qui ont traversé la même chose, Les Empreintes vous parlera peut-être davantage.
Les deux se complètent. L'un explique, l'autre raconte.
Ce que les lecteurs m'ont dit
Depuis la sortie de mes deux livres, j'ai reçu beaucoup de retours. Certains lecteurs les ont beaucoup aimés. Ils m'ont dit s'être reconnus dans un chapitre, avoir enfin trouvé des mots sur ce qu'ils vivaient, ou avoir pleuré en lisant une histoire qui ressemblait à la leur.
D'autres m'ont dit, avec beaucoup de gentillesse, que c'était bien, mais que ce n'était pas ce qu'il leur fallait. Que le guide était trop explicatif pour le moment qu'ils traversaient, ou que les récits les touchaient trop. Qu'ils cherchaient autre chose, sans toujours savoir quoi.
Ces retours-là, je les reçois comme les autres. Ils sont justes. Un livre ne peut pas convenir à tout le monde, et ce n'est pas son rôle. Chaque deuil est différent, chaque lecteur aussi, et ce qui apaise l'un peut laisser l'autre à distance.
Explorer plusieurs livres
Il existe de nombreux livres sur le deuil animal : des guides, des témoignages, des livres écrits par des vétérinaires, des psychologues, des propriétaires qui racontent leur propre histoire, des livres pour enfants. Chacun a son ton, son angle, sa façon d'aborder la perte.
Si un livre ne vous parle pas, ce n'est pas que vous lisez mal ou que vous n'êtes « pas prêt ». C'est peut-être simplement que ce n'est pas le bon livre pour vous, ou pas le bon moment. Il faut parfois en ouvrir plusieurs avant de trouver celui qui vous convient. Feuilleter quelques pages en librairie, lire les extraits en ligne, demander conseil à quelqu'un qui a traversé un deuil semblable, tout cela aide à faire le tri.
Et si mes livres ne sont pas ceux qui vous accompagnent, ce n'est pas grave. L'important, c'est que vous trouviez quelque part les mots dont vous avez besoin.
Offrir un livre à quelqu'un qui a perdu son animal
Offrir un livre est un geste délicat et souvent apprécié. Il dit : « Je reconnais ta peine, et je te donne quelque chose pour t'accompagner. » Contrairement à un message, le livre reste. On peut y revenir plus tard, quand on est prêt.
Quelques conseils si vous voulez offrir un livre :
- Choisir un livre doux, qui ne juge pas et ne presse pas.
- Y glisser un petit mot personnel, avec le prénom de l'animal.
- Ne pas attendre que la personne le lise tout de suite. Elle le fera à son rythme.
Écrire, après avoir lu
Pour certaines personnes, la lecture ouvre la porte à l'écriture. Après avoir lu les mots des autres, on a envie d'écrire les siens. Une lettre à son animal, un journal, quelques souvenirs. L'article écrire une lettre à son animal explique pourquoi cela peut apaiser.
Ce que j'espère pour chaque lecteur
Quand j'écris, je pense à une personne précise : celle qui lit le soir, seule, avec la photo de son animal pas loin. J'espère qu'elle pleurera peut-être, mais que ces larmes lui feront du bien. Qu'elle se reconnaîtra dans une histoire, une phrase, un détail. Qu'elle se sentira, pour un moment, comprise.
C'est la raison pour laquelle j'ai écrit : pour que personne ne se sente seul avec ce chagrin.
Lire à son rythme
Il n'y a pas de bonne façon de lire pendant un deuil. On peut lire un livre d'une traite, ou une page par semaine. On peut l'abandonner et y revenir des mois plus tard. On peut lire seulement les chapitres qui nous concernent. Le livre est là pour vous, pas l'inverse.
Vous n'êtes pas seul
Si cette lecture vous parle, c'est peut-être que vous traversez ce moment en ce moment. Vous n'avez pas à le faire seul. Je propose des accompagnements en deuil animal, le plus souvent en une à quatre séances, à votre rythme. Pour en parler ou prendre rendez-vous, tout se passe sur la page contact.
Pour lire à votre rythme : Les Empreintes, des histoires vraies d'accompagnement, et Quand mon animal me manque, un guide pour traverser le deuil. Tous deux disponibles sur Amazon.
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