La Toussaint et nos animaux : un moment pour se souvenir d'eux

Publié le 29 octobre 2026 à 10:04

Fin octobre, début novembre. Les cimetières se remplissent de chrysanthèmes, on pense à ceux qui ne sont plus là, on allume une bougie. Et pour beaucoup de personnes, une question silencieuse revient : est-ce que j'ai le droit de penser aussi à mon animal ?

Bien sûr que oui.

Pourquoi la Toussaint réveille le manque

La Toussaint et le jour des défunts sont des moments collectifs de souvenir. Tout le monde, autour de vous, pense à ses morts. Les conversations tournent autour des tombes à fleurir, des grands-parents disparus. Si vous avez perdu votre animal cette année, ou même il y a longtemps, il est naturel qu'il vous revienne à l'esprit.

Et c'est souvent là que le décalage se fait sentir. Il n'y a pas de tombe à fleurir, parfois. Il n'y a pas de rituel prévu pour lui. Le deuil animal reste un deuil sans place officielle, et ces jours de mémoire collective le rappellent cruellement.

L'automne n'aide pas. Les jours raccourcissent, la lumière baisse, les promenades se font sous la pluie. Pour celles et ceux qui avaient un chien, chaque sortie mouillée rappelle les balades d'avant.

Créer votre propre moment de souvenir

Il n'existe aucune règle. Mais vous pouvez faire de ce moment un temps à vous, pour lui. Quelques idées, à prendre ou à laisser :

  • Allumer une bougie près de sa photo, le soir du 1er ou du 2 novembre.
  • Déposer quelques fleurs là où reposent ses cendres, ou là où il aimait s'allonger dans le jardin.
  • Refaire une partie de sa promenade préférée, seul ou accompagné.
  • Lui écrire quelques lignes sur ce qui s'est passé depuis son départ.
  • Regarder des photos avec quelqu'un qui l'a connu, et raconter des souvenirs drôles.

Ces gestes ne sont pas « ridicules ». Ils marquent une présence. Si vous cherchez d'autres idées, l'article créer un rituel d'adieu à son animal en propose beaucoup, simples et personnelles.

Inclure son animal dans les rituels familiaux

Certaines familles déposent une petite bougie ou une photo de l'animal à côté de celles des grands-parents disparus. D'autres ajoutent son nom dans la prière ou la pensée du jour. Pour les enfants, c'est souvent une manière très concrète de comprendre que l'animal comptait vraiment, et que l'on a le droit de le pleurer.

Si vous avez un coin mémoire chez vous, c'est peut-être le moment de le rafraîchir : changer la photo, ajouter une feuille d'automne ramassée sur votre chemin habituel, poser une nouvelle bougie.

Et s'il est enterré dans le jardin ?

Beaucoup de personnes ont enterré leur animal au fond du jardin, ou ont planté quelque chose à l'endroit où reposent ses cendres. La Toussaint peut être l'occasion d'y passer un moment, de nettoyer les feuilles, de planter des bulbes qui fleuriront au printemps. Il y a quelque chose d'apaisant dans le fait de préparer la prochaine saison à cet endroit-là. J'en parle aussi dans l'article sur planter un arbre pour son animal.

Les cimetières animaliers

Il existe des cimetières pour animaux, notamment en Belgique et en France. Certaines personnes y vont à la Toussaint comme elles iraient sur la tombe d'un proche. Si c'est votre cas, vous ne serez pas seul : ces jours-là, ces lieux sont souvent fréquentés, et il y a une forme de solidarité silencieuse entre les visiteurs.

Quand on n'a rien gardé

Peut-être n'avez-vous pas récupéré les cendres. Peut-être que l'animal est mort il y a des années, et que vous n'avez ni tombe, ni urne, ni même beaucoup de photos. Ce n'est pas grave. Le souvenir ne dépend pas d'un objet. Une pensée, un mot à voix haute, une promenade : c'est déjà un hommage.

Parler de lui aux enfants pendant ces jours-là

Les vacances de Toussaint sont souvent l'occasion de passer du temps en famille. Si vos enfants ont perdu leur animal cette année, c'est un bon moment pour en parler avec eux, sans forcer. Leur proposer de dessiner l'animal, de choisir une photo à mettre près d'une bougie, de raconter leur souvenir préféré. Les enfants ont souvent besoin de gestes concrets pour exprimer ce qu'ils ressentent.

S'ils posent des questions sur la mort, sur ce que devient l'animal, répondez simplement et honnêtement. Vous n'avez pas besoin d'avoir toutes les réponses. Dire « je ne sais pas, mais je pense souvent à lui moi aussi » est une réponse précieuse. L'article comment annoncer la mort d'un animal à un enfant peut vous aider à trouver les mots, même plusieurs mois après.

Pour les adolescents, c'est parfois plus délicat. Ils peuvent paraître indifférents tout en étant très touchés. Leur laisser une porte ouverte, sans insister, suffit souvent. Quand un adolescent perd son animal, il a besoin qu'on reconnaisse sa peine sans la commenter.

Si cette période est trop lourde

Pour certaines personnes, cette période est difficile parce qu'elle réveille d'autres deuils. La perte de l'animal se mêle à celle d'un parent, d'un ami, parfois d'un enfant. Si vous sentez que tout s'emmêle et que la tristesse prend trop de place, n'hésitez pas à en parler. C'est souvent quand les deuils se superposent que l'on a le plus besoin d'un espace pour déposer.

Se souvenir sans se faire mal

La Toussaint peut être douloureuse. Elle peut aussi être douce. C'est une occasion de dire, même sans témoin : tu as compté, tu comptes encore. Nos animaux n'ont pas de jour à eux dans le calendrier. Rien ne vous empêche de leur en donner un.

Et si vous avez envie de lire des histoires d'autres personnes qui ont gardé un lien avec leur animal disparu, je vous invite à découvrir pourquoi j'ai écrit Les Empreintes.

Vous n'êtes pas seul

Retrouvez d'autres articles dans le Journal du deuil animal et des récits dans les Histoires de deuil animal. Si vous souhaitez être accompagné, découvrez mes services ou prenez contact. Et pour lire à votre rythme : Les Empreintes et Quand mon animal me manque.

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